Ngozi Okonjo-Iweala, née le 13 juin 1954, est une femme politique nigériane. Ministre des Finances du Nigeria au début des années 2000 où elle s'attelle à réduire la corruption et la dette publique, elle devient directrice générale de la Banque mondiale à la fin de ces mêmes années 2000, mais elle échoue à en prendre la présidence.

Elle redevient ministre des Finances de son pays jusqu'en 2015.

Née à Ogwashi-Ukwu, dans le delta du Niger d'une professeur de sociologie et d'un professeur d'économie, ses parents sont des chefs traditionnels, avec rang royal. Adolescente, en 1969, lors de la guerre du Biafra dans sa région natale, elle porte sa petite sœur, subissant une crise de malaria, à une clinique à 10 km de là, arrive à accéder à l’établissement malgré une foule massée à son entrée et obtient une injection de chloroquine, qui sauve l'enfant. Par ailleurs, elle poursuit quelques années plus tard des études supérieures et sort diplômée de deux des universités américaines les plus connues, Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Elle entre à la Banque mondiale en 1982, et suit sur le terrain les projets financés par cet organisme puis devient secrétaire du conseil d'administration de la Banque à la demande de James Wolfensohn. En 2003, le président nigérian Olusegun Obasanjo l'appelle pour devenir ministre des Finances. Elle quitte Washington, où restent son mari et ses quatre enfants, pour revenir dans son pays natal. Sous sa direction, des entreprises industrielles publiques sont privatisées, et une concurrence se développe dans les télécommunications. Elle lutte contre la corruption, publiant les recettes de l'industrie pétrolière ainsi que les sommes versées aux collectivités locales, pour que « l'argent du pétrole aille dans les écoles et les hôpitaux plutôt que dans les poches de quelques-uns ».

Elle lance des procédures de révocation sur des ministres, des juges, des militaires, des gouverneurs, et le chef de la police nationale, gagnant le surnom de «Okonjo-Wahala» (en langue yorouba, ce qui peut se traduire par «l'emmerdeuse»). Elle consacre également son énergie à réduire et renégocier la dette publique de son pays et y réussit assez bien. Les pays créanciers du Club de Paris crée un programme spécial de remboursement pour le Nigeria, et effacent pour 18 milliards de dollars dans cette dette.

En 2006, à l'approche des élections présidentielles, elle se voit proposer une autre ministère, celui des affaires étrangères, mais elle préfère quitter le gouvernement, la période se prêtant moins aux actions de fond1. Le bilan de son mandat au ministère est flatteur, avec, notamment, 1 milliard de dollars de remboursements économisé par an, un taux d'inflation annuel ramené de 23 % à 11 %, et un produit intérieur brut multiplié presque par 3. Elle a créé également un fonds spécifique pour les femmes africaines chefs d'entreprise

Redevenue disponible, elle est rappelée en 2007, par le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, qui fait d'elle sa directrice générale. En 2012, elle est candidate pour en devenir la présidente. Le 14 avril 2012, elle reçoit le soutien de son ancien concurrent José Antonio Ocampo, mais l'Américain Jim Yong Kim est nommé à ce poste à ses dépens le 16 avril 20126.

Entre-temps, elle est de nouveau ministre des Finances, de 2011 à 2015. Une de ses mesures est d'arrêter les subventions aux distributeurs d'essence, ce qui doubble le prix du carburant à la pompe, pour financer des investissements dans les infrastructres et dans la santé des femmes enceintes. Le 9 décembre 2012, sa mère est kidnappée, les ravisseurs exigeant une rançon et sa démission. Mais sa mère fausse compagnie, à 83 ans, à ses ravisseurs. En septembre 2015, quittant le gouvernement, elle devient présidente du conseil d'administration de GAVI Alliance, une organisation favorisant l'accès à la vaccination en Afrique, y succédant à Dagfinn Høybråten, ancien ministre de la santé norvégien et actuel Secrétaire général du Conseil nordique des ministres.

Okonjo-Iweala est coprésident de la Global Commission for the Economy and Climate, avec Nicholas Stern et Paul Polman.

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